NAPOLEON III

1848 (10 décembre)

Napoleon3

Napoléon III (1851-1870)

Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, est élu président de la République.

C’est la première fois qu’un poste de président de la République est institué.
C’est la première élection en France du Président au suffrage universel direct. Le prochain président élu par le peuple sera le général de Gaulle le 19 décembre 1965, soit 117 ans plus tard !

Le futur Napoléon III n’a alors que 40 ans (né le 20 avril 1808) : il reste aujourd’hui le plus jeune, à sa date d’élection, des 23 présidents de la République française !
Louis-Napoléon Bonaparte sera le premier et le dernier président de cette IIe République, issue de la Révolution de février 1848 qui a chassé du pouvoir la Monarchie de Juillet du roi Louis-Philippe.

Détails dans le livre

Napoléon III bienfaiteur
de Vichy et de la France

(Éditions de la Montmarie – Novembre 2003)

1851 (2 décembre) Coup d’état du « Prince-Président » qui va devenir en 1852 l’empereur Napoléon III.
La résistance est notable dans l’Allier, notamment par les « Insurgés du Donjon » qui vont faire le coup de feu à la sous-préfecture de Lapalisse (un seul mort : le capitaine Lemaire).

Vichy compte alors 1.600 habitants et 6.300 curistes (baigneurs).

1852 (2 décembre) Le Second Empire est instauré. Les 18 années de l’Empereur Napoléon III correspondront à une forte croissance économique sans pareil.
1852 Les conflits entre le docteur Prunelle et ses anciens fermiers Brosson (qui continuent de forer et réduisent les débits des sources), ses régisseurs (M. de Brouville renvoyé pour malhonnêteté), les architectes (Rose-Beauvais et Isabelle), son médecin-inspecteur adjoint Charles Petit (litiges médicaux) conduisent l’État à décider le retour à la concession pour la gestion du domaine thermal.

Le docteur Prunelle, également maire de Vichy depuis 5 ans (il appelait « Vichéens » les habitants de Vichy), décède le 20 août 1953 à 76 ans.

1853 (26 mai) La société « Lebobe, Callou et Compagnie » obtient de l’État (loi du corps législatif, publiée le 10 juin 1853) la concession des thermes de Vichy pour 33 ans.

Cette 1re convention de 1853 sera renouvelée 5 fois : en 1864, 1898, 1927, 1971 et 1988.
Georges Callou et Stanislas Lebobe étaient entrepreneurs de travaux publics à Paris.

1853 Nicolas Larbaud (père de Valery) découvre, le premier, une source à Saint-Yorre.
Il sera un concurrent dangereux pour la Compagnie fermière (nombreux procès).
1854 (19 juin) Ouverture de la gare de St-Germain-des-Fossés, à dix kilomètres de Vichy.
Cet accès à la station par le train est base du premier décollage de Vichy.
1856 La maison des « Trois piliers » qui fut, 7 rue d’Allier, la première mairie de Vichy de 1790 à novembre 1801, est détruite pour réaliser un alignement de la rue.
1856 Première canalisation : la source Mesdames de Cusset est conduite à Vichy dans l’établissement thermal de la duchesse d’Angoulême ! Elle restera à Vichy jusqu’en 1939, après avoir eu en 1928 une buvette à part longeant la galerie couverte côté rue Wilson (emplacement encore visible face à la rue Burnol). La buvette de la SourceMesdames sera supprimée dans le parc central le 29 octobre 1938. Sa toiture est encore visible face à la rue Burnol.
1856 Jean-Dominique Alquié est nommé médecin inspecteur des eaux, suite au décès subit de Charles PETIT (58 ans) en février 1856. Petit avait lui-même remplacé Prunelle trois ans auparavant en 1853. En poste jusqu’à sa mort le 6 avril 1868, le docteur Alquié dirigera (plutôt mal) les cures de Napoléon III. Le nom d’Alquié sera donné à la rue où se trouvent les Maisons anglaises construites au milieu des années 1860.
1857 Construction d’un pont suspendu à Creuzier-le-Vieux, lequel sera remplacé en 1913 par le Pont Boutiron d’Eugène Freycinet.
1858 (15 juin) Ouverture de l’Établissement thermal « Badger » (2e classe)

Charles Badger, architecte auprès de la Compagnie fermière, a dressé les plan de cet établissement thermal de deuxième classe, construit à l’emplacement de l’ancien couvent des Capucins, en activité de 1637 à 1791. Il est ouvert au public le 15 juin 1858 et inauguré le samedi 26 juin par le préfet Genteur et le maire Guilliermen.

De 1834 à 1853, les frères Brosson y avaient d’abord implanté leur usine de pastilles.
Cet immense bâtiment carré de 67 x 62 mètres propose 180 baignoires.
Il est construit en 6 mois d’hiver après pose de la première pierre le 7 octobre 1857
Il intègre aussi 24 cabines de douche moins chères, dites de 3e classe.
Il sera complété en 1900 par un vrai bâtiment de 3e classe face aux rues Alquié et Petit.

Cet établissement Badger de 2e classe, remplacé en mai 1933 par les Bains Callou, est détruit en 1937 lors de la construction des bains Lardy de 3e classe.
Seule la galerie centrale d’accueil (dite Galerie Napoléon III) subsiste aujourd’hui.

1858 La Villa Strauss est construite par l’architecte Hugues Batilliat (style néo-Louis XIII).
Le propriétaire est le chef d’orchestre Isaac Strauss qui dirige les concerts à Vichy.
Napoléon III y logera au cours des deux premières cures, en 1861 et 1862.
La villa Strauss est maintenant intégrée au restaurant La Véranda de l’Aletti Palace.
1858 Les Célestins sont aménagées en deux bâtiments à arcades : un pour l’ancienne source (fontaine du rocher des pères Célestins) et un pour la nouvelle (source de la Grotte). Le pavillon de 1908 les remplacera, l’atelier d’embouteillage de 1885 préservé.
1858 (25 juin) Ouverture de l’établissement hydrothérapique du Dr Jardet, au bord du Sichon.
Antoine Jardet fut le premier maire de Vichy de la III République, en septembre 1870.
1858 (30 septembre)

Callou

Arthur Callou, ex-architecte, remplace, à 36 ans, son père Georges à la direction de la Société Lebobe et Callou.

Le 27 décembre 1862, la société concessionnaire des eaux de Vichy se transformera en Socité Anonyme et prend le nom de Compagnie fermière de Vichy. Avec Ernest Vallée, Arthur Callou va gérer la société jusqu’en 1871, surnommé localement « Napoléon IV ». Né le 6 janvier 1822, Arthur Callou meurt à 51 ans, aliéné, le 28 avril 1873, deux ans avant son père Georges Callou.

1859 La confiserie Larbaud Aîné crée le Sucre d’orge de Vichy
1860 Bains Lardy : construction d’un Établissement thermal par Madame veuve Lardy, propriétaire des terrains, et son gendre Monier. Les Monier acquièrent les biens en 1870 au décès de Madame Lardy. En 1876, la Cie Fermière achète l’ensemble et perce la rue Lardy qui sépare le parc des Célestins des sources Lardy. Les installations seront rénovées au début des années 1900 (Pavillon Percilly en 1902, Orangerie en 1903) avant construction des Bains Lardy de 3e classe en 1937.
1860 (7 août) Le notaire Norbert Leroy (1802-1886) est nommé maire de Vichy par décret impérial.
Leroy sera battu par Joseph Bousquet (1803-1877) aux élections du 23 juillet 1965.
1861 (4 juillet) Première cure de Napoléon III à Vichy : du 4 au 31 juillet 1861.

L’Empereur, né le 20 avril 1808, est alors âgé de 53 ans (2 mois et 15 jours).
Il séjourne à la Villa Strauss (de 1858), louée au chef d’orchestre Isaac Strauss.
Son médecin personnel, le docteur Conneau, le suivra jusqu’à son décès en 1873.
La population de Vichy est alors de 3.740 habitants en 1861 (près de 6.000 en 1970).

1861 (27 juillet) Le décret impérial du 27 juillet 1861, signé par Eugène Rouher, ordonne à Vichy la construction de huit routes thermales, d’une digue sur l’Allier avec un nouveau parc, d’une église et d’une mairie. Eugène Rouher, surnommé plus tard le « Vice-Empereur », était originaire de Riom où il est né. Décédé en 1884, il est enterré au cimetière de Broût-Vernet (à 10 km de Vichy) dans un vrai petit temple.

Le même décret affranchit de tout octroi (un droit de péage était en vigueur) le pont suspendu entre Vichy et Bellerive. Ce pont de Vichy vers Vesse (commune devenue Bellerive le 23 janvier 1903) sera, à son tour, détruit par la terrible crue du 27 septembre 1866 et remplacé par un pont en fonte ouvert à la circulation le 16 mai 1870.

1862 (11 juillet) Deuxième cure de Napoléon III à Vichy : du 11 juillet au 9 août 1862.

Il revient d’un voyage à Clermont-Ferrand (visite de Gergovie) avec Eugénie.
Il arrive le vendredi 11 juillet, à 17 h 05, la gare de Vichy, construite par l’architecte Denis Darcy (1823-1904) à sa demande. Ouverte le 8 mai 1862, la ligne est exploitée par le PLM : Paris Lyon Méditerranée.

Napoléon est accueilli par le maire Norbert Leroy et le chef de gare Charles-Alexandre Gravier du Monsseaux (famille illustre de Vichy propriétaire depuis 1826 du Chastel Franc ex-mairie 1801-1822), lequel vivra presque 102 ans jusqu’au 29 novembre 1928.

Napoléon III séjourne à nouveau à la Villa Strauss louée, mais pour la dernière fois.

1862 (été) La digue en pierre de 5 mètres de hauteur est achevée sur l’Allier par l’ingénieur Radoult de Lafosse qui aménage un parc de 13 hectares, appelé alors « Nouveau parc » et aujourd’hui Parc Napoléon III. Le parc s’étend dès l’origine des deux côtés du pont, de l’avenue Stucky jusqu’à l’angle de l’actuel Pôle Lardy.

La même année 1862, l’ancien enclos du couvent des Célestins est scindé en deux parcs séparés par une rue : le parc des Célestins et le parc Lardy.

1863 (7 juillet)

femme

Troisième cure de Napoléon III à Vichy : du 7 juillet au 5 août 1863.

Il séjourne à la Villa Marie-Louise, premier chalet de l’Empereur sur les parcs.
L’impératrice Eugénie arrive le 23 et repart dès le 27 juillet en raison de la présence (reconnue à cause de son épagneul, sur la place de Rosalie : c’est la fameuse « histoire du petit chien ) de Marguerite Bellanger, maîtresse de l’Empereur.

Margot la Rigoleuse (Julie Lebœuf, de son vrai nom) a-t-elle eu un fils de Napoléon le 24 février 1864 ? Ce Charles Lebœuf serait plutôt le fils de Valentine Haussmann !
Eugénie ne reviendra jamais à Vichy, préférant aller en villégiature à Biarritz.

Les « Maisons anglaises » de la rue Alquié sont bâties pour loger les officiers à la prochaine cure de 1864.

1863 (17 novembre) Premier coup de pioche pour la construction du Casino.
1864 Arrivée de l’imprimeur Armand Wallon (14 avril 1921-2 août 1888).
Plusieurs générations de Wallon se succéderont à la tête de l’entreprise, finalement rachetée en 1921 par son principal client : la Compagnie Fermière de Vichy (CFV).
1864 (19 avril) La nouvelle convention (la 2e) du 29 avril 1864 entre l’État et la Compagnie fermière d’Arthur Callou prolonge le bail de 30 ans jusqu’en 1904 : le Casino de 1865 est le principal investissement prévu, avec la construction d’une galerie de 3° classe, pour personnes peu aisées, ajoutée au bout de l’établissement Badger (entrée rue Petit).
1864 (7 juillet) Quatrième cure de Napoléon III à Vichy : du 7 juillet au 7 août 1864.

Il séjourne, pour la 1re fois, au « Chalet de l’Empereur » dont le balcon, tourné vers le parc d’Allier (façade inversée par rapport à la villa Marie-Louise de 1863), lui donne une meilleure intimité. Un souterrain relie le chalet à la villa Marie-Louise. Napoléon III y écrit une Histoire de César avec Alfred Maury (suite fouilles de Gergovia en 1962).

1864 (mai) Ouverture d’un établissement thermal dans le parc de la source Lardy, forée le 20 décembre 1844 et consommée depuis 1850 sous un kiosque à toit de chaume.
1864 (30 juillet) La Société musicale de Vichy, fondée en 1862 par Claude Laprugne, joue devant le chalet de l’Empereur. Rentré à Paris, Napoléon III fait confectionner une magnifique bannière reçue en octobre 1864 par le maire Leroy : « L’Empereur à la Société musicale de Vichy (Allier) 1864 ». Cette bannière de 1864 existe toujours. La fanfare de Cusset a obtenu aussi une bannière impériale en 1865.

Après Claude Laprugne, la Société musicale de Vichy a été présidée par le Dr Champagnat en 1896, puis par Fernand Chardonnet de 1898 à 1925, suivi par Dr Jules Duranthon, par Louis Gain… et Bruno Besson aujourd’hui. La Société musicale de Vichy de 1862 (une soixantaine de musiciens en 2012) est à distinguer de l’Harmonie municipale (officiellement : « Orchestre d’Harmonie de Vichy », présidé par Pierre Corre) créée en 1897 sous le nom de La Liberté et prenant son nom en 1920 en fusionnant avec La Revanche fondée en 1913.

1864 (30 août) Le docteur Larrey décèle, au camp de Châlons, un calcul vésical (inexistant en 1963) chez l’Empereur et explique ainsi sa cure douloureuse du mois précédent.
1865 Achèvement du Nouveau parc (dit aussi « parc d’Allier » et aujourd’hui Parc Napoléon III) sur les berges de l’Allier ainsi endiguée. Il s’arrêtait au niveau de l’avenue des Célestins (les Bourins : marécage de 8 hectares). L’architecte de ce parc Napoléon III est le Cussétois Jean-François Radoult de Lafosse.
L’horticulteur est le Moulinois Marie (beau-père de Treyve qui lui succédera).
La parc est alimenté en eau par une Prise d’eau dans l’Allier, au niveau des Célestins,
grâce à une machine de pompage Barbier-Daubrée (futur Michelin) construite en 1862.
Ce nouveau parc est appelé aujourd’hui parc d’Allier ou parc Napoléon III.
1865 (20 juin) Plan Rondepierre de Vichy, de l’architecte Émile Rondepierre, avec noms de rues.
1865 (juillet) L’Empereur ne vient pas à Vichy, sous prétexte des élections municipales.

Arthur Callou fait venir l’imprimeur Armand Wallon à Vichy (rachat de Favyé).

1865 (2 juillet)

Cure

Louis Dupeyrat

L’église Saint-Louis (architecte Jean Lefaure), en construction depuis le 21 septembre 1862, est inaugurée le dimanche matin 2 juillet 1865 par Mgr de Dreux-Brézé, évêque de Moulins, en l’absence de Napoléon III (non venu à Vichy en 1865 en raison des élections municipales).

C’est l’abbé Louis Dupeyrat, curé de l’église paroissiale de Saint-Blaise, qui avait obtenu son financement (373.237 F) par l’Empereur. Le linteau du porche d’entrée inscrit en latin sur deux lignes : « A Dieu et à saint Louis, l‘empereur Napoléon III a pris soin de faire édifier cette église. 1864. »

Les neuf vitraux du chœur, du maître-verrier Antoine Lusson (le rénovateur de la Sainte-Chapelle), représentent notamment Saint-Napoléon, Sainte-Eugénie (premier nom imaginé pour l’église en 1864) et Sainte-Hortense (du prénom de la mère de Napoléon III).

1865 (2 juillet) Le Casino (architecte Charles Badger) est inauguré le dimanche soir 2 juillet 1865, en l’absence de l’Empereur.

L’architecte est encore Charles Badger qui a édifié l’établissement de 2° classe en 1858.
Les travaux, commencés 17 novembre 1863, sont effectués par Dargnat de Clermont.

Le bâtiment central pur les bals est prolongé d’une véranda (marquise plus tard).
La façade nord présente les Cariatides des « quatre saisons » de Carrier-Belleuse.
La façade sud (actuelle rue du Casino) : la « Nymphe des eaux » de Carrier-Belleuse représente une femme déversant une eau bienfaisante sur deux angelets.
Les volutes reçoivent horloge et baromètre, portés par des petits amours.
Les plafonds de la salle des fêtes (actuelle Napoléon III) sont décorés par Jules Petit.
Le théâtre de 1.200 places sera transformé en salle de jeux en 1899 (Eugénie en 1995).
Un fronton sera ajouté en 1903 à l’édifice central et une marquise en verre en 1907.

1865 (15 septembre) Joseph Bousquet est nommé maire de Vichy, après sa victoire de juillet 1865 sur la liste conduite par Norbert Leroy.
Bousquet sera relevé de ses fonctions à la chute de l’Empire en septembre 1870, remplacé par le républicain Antoine Jardet (1824-1878).
1865 (12 novembre) La nouvelle Mairie du Fatitot, débutée le 11 avril 1863, est inaugurée par le préfet Genteur, à côté du nouveau parc, sur l’emplacement du marché couvert (avec salle de spectacle à l’étage) ouvert le 19 août 1851.

Elle est construite par Jean Lefaure sur un avant-projet de l’architecte Hugues Batilliat.
Une fontaine monumentale est construite sur la place (de l’hôtel de ville) en 1866.
Une nouvelle poste est créée face à la mairie, à l’angle actuel du boulevard de Russie et de la rue d’Italie (villa Geoffroy aujourd’hui).
Cette mairie de Napoléon III fonctionnera 45 ans jusqu’au 1er octobre 1910.

1865 (12 novembre) La municipalité entérine les nouveaux noms de rues évoquant les personnalités du Second Empire. Toutes ces appellations, sauf la rue Strauss (datant du 18 juillet 1862 et conservée jusqu’à fin 1918 :rue de Belgique), seront débaptisées le 2 mars 1871.
1866 Un kiosque à musique est construit, à côté du Casino de 1865, face à l’hôtel des Thermes (Aletti Palace aujourd’hui). Il sera déplacé en 1898 place de la République où il restera 15 ans jusqu’à son enlèvement (et sa destruction) en 1913.

À son emplacement de 1866, est édifié l’actuel Théâtre-Opéra du Grand Casino dont la première représentation a lieu le 2 juin 1901 avec l’opéra Aïda de Verdi.

1866 Le premier abattoir est construit près du concours hippique actuel (stade équestre).
Il sera déplacé en 1881 place de la République.

Le premier projet de bibliothèque est voté le 8 novembre 1866 par la municipalité de Bouquet. Sa réalisation sera retardée.

1866 La fontaine des 3 cornets (de 1583) est détruite : la première d’origine datait de 1402.
1866 (8 juillet) Ouverture du cimetière des Bartins, à la frontière de Cusset, pour remplacer l’ancien cimetière du Moutier (abandonné seulement au début des années 1880) qui était situé à l’emplacement des Bains Callou actuels. Les terrains ont été achetés le 1er janvier 1866 aux propriétaires Cornil et Lemoine, et aménagés par l’architecte Saugère.

La veuve Patissier, née Marianne Dionnet, décédée le 7 juillet 1866, est le première inhumée. La superficie est passée de 7,5 hectares à l’origine à 13 hectares aujourd’hui.

Y sont notamment enterrés aujourd’hui : Armand Perrin, le général Raoul Salan, Théodose (père) et Alfred (fils) Bulot, le maire Claude Ramin (carré 1), le baron Lucas, Georges Durin, Christiane Fournier (ex-mannequin Lanvin et dernière épouse de Jean Gabin), Norbert Leroy (maire 1860-1865 sous Napoléon III), l’inspecteur des eaux Amable Dubois et le graveur Paul Devaux (carré 2), Antoine Guillermin, Valery Larbaud et Maurice Germot (carré 3), le docteur Alquié, Pierre Coulon, Victor Noyer, Gravier Dumonsseaux et Henri Pequet (carré 4), l’architecte Antoine Percilly et Florise Londres fille du reporter Albert Londres (carré 5), Ferdinand Desbrest (carré 7), PV Léger et Jacques Lacarin (carré 8), les Pères missionnaires Henry Wathé et Cyprien Aroud (carré 9), Louis Lasteyras (carré 14), le député Pierre Nigay (carré 21), Madeleine Charnaux, Henri Décoret, Jacques Jurietti et Pierre Coursol (mural ouest face aux carrés 1 et 3), les musiciens Roger Désormière et Henri Thevenin les rugbymen Guy Stener (carré 26) et Gérard Dufau (Columbarium G 12).

Trois curiosités sont à signaler : les grands-parents (Henri et Émilie) de Coco Chanel, le cénotaphe d’un disparu du Titanic (Georges Jouannault âgé de 25 ans) en avril 1912 (carré 2) et une ex-maîtresse (danseuse étoile) de Ferdinand de Lesseps dont le visage embaumé était visible dans la crypte (fermée) de la chapelle Poilpré (carré 6).

1866 (28 juillet) Cinquième et dernier séjour de Napoléon III à Vichy
du 28 juillet au 7 août 1866.

Il séjourne au Chalet de l’Empereur, pour la 2° et dernière fois (10 jours).
Le Prince impérial le rejoint le 4 août et repart avec lui à Saint-Cloud le matin du 7 août.
Son départ est précipité par son état de santé et Sadowa, date funeste de l’Empire.

1866 (27 septembre) La crue du siècle détruit, à 2 h du matin, l’ancien pont suspendu de Bellerive (de 1838). Un pont provisoire est installé en face de la Source des Célestins : il sera supprimé en 1871, après reconstruction d’un pont en fonte par Radoult de Lafosse.
1867 Des ateliers d’emballage sont construits, par la Compagnie fermière, près de la gare de chemin de fer, en face de l’imprimerie Wallon, pour faciliter l’expédition (on disait alors « l’exportation ») des bouteilles en verre (à bouchon jusqu’en 1908).

En 1908, ce site, appelé « Gare d’emballage », sera agrandi en AEE (embouteillage sur place des eaux apportées par des canalisations depuis leurs sources). Un important incendie, le 24 février 1926, fournira l’occasion de moderniser les lignes d’embouteillage. L’usine est abandonnée en 1985 au profit de celle de Saint-Yorre.

1867 Un établissement de 3e classe est ajouté à l’extrémité du bâtiment Badger de 1958 :
24 cabines dans une galerie dont l’entrée se trouvait rue Petit.

La Compagnie fermière créent un Atelier d’emballage, à côté de la nouvelle gare PLM. Il sera agrandi en 1908 (AEE : Ateliers d’embouteillage et d’emballage) et modernisé en 1926 par des chaînes automatiques suite à un grave incendie.

1867 Création du « Quart Vichy » (= 1 verre plein), en bouteille bleue arrondie, présenté lors de l’Exposition universelle de 1867 à Paris.
1867 Achèvement d’une église Saint-Louis à Hauterive (en construction depuis 1863).
Elle porte le même nom que celle de Vichy offerte par Napoléon III en 1865.
L’Empereur a également participé à sa réalisation avec un don de 18.000 Francs.
1867 (13 juin) La Manufacture des Grivats, créée en 1822 à la sortie de Cusset et appartenant au comte Charles de Bourbon-Busset depuis 1856, est détruite par un terrible incendie. Elle employait 300 personnes et ne sera pourtant pas reconstruite, alors qu’elle est à l’origine de la fameuse « toile de Vichy » à carreaux.
1867 (23 juin) Un marché couvert, construit par l’architecte Lucien Couturier (de Vienne), est inauguré place du Marché (place Charles-de-Gaulle actuelle).

Il comprenait une halle centrale (totalement achevée avec son dallage en 1888, en raison d’un procès), quatre pavillons d’angle et des baraques à l’extérieur. Une rue d’accès depuis la route de Nîmes (rue du Marché : actuelle rue de l’Hôtel-des-Postes) était percée sur un terrain offert par Mombrun. Ce Marché couvert  restera en fonction jusqu’au suivant en 1935 !

1867 (23 juin) Ouverture le 23 juin 1867 du premier temple protestant de Vichy, destiné aussi bien aux protestants français qu’aux Anglicans.

L’autorisation de sa construction avait été donnée par un décret de Napoléon III en date du 10 avril 1858. Ce premier temple protestant a pour architecte Émile Dadolle de Moulins. Il est alors situé « rue du Temple » (rebaptisée rue du Portugal fin 1922) qui donne sur la place Marché (nouveau marché avec halle couverte et baraques à l’extérieure). Le temple peut contenir 334 fidèles avec sa tribune. Ce temple est démoli en 1912, sa façade, entourée de grilles, faisant face au marché jugé trop bruyant pour l’exercice du culte (« non propice au recueillement »).

Il est remplacé le 23 mai 1914 par un second temple protestant (l’actuel) édifié par l’architecte protestant Samuel Henriquet rue des Thermes (rue Max Durand-Fardel depuis 1933). Son inauguration officielle a lieu le 2 août 1914, au moment de la déclaration de guerre et du départ de son pasteur André Boyer pour le front !

Une plaque placée à l’entrée de ce second temple précise bien, dans son texte en anglais, que le premier temple avait ouvert (opened) le 23 juin 1867 et que l’empereur (Napoléon III) a participé à son financement (7.000 Francs, semble-t-il).

1868 Un Barrage mobile à aiguilles est construit sur l’Allier, à 1,2 kilomètre du pont de Bellerive (alors appelée Vesse) par l’ingénieur Jean-François Radoult de Lafosse (de Cusset) sur une longueur totale de 263 mètres. La décision avait été prise le 4 février 1865.

Ce barrage crée le premier plan d’eau de Vichy. Une passerelle métallique (provenant de l’Exposition universelle 1900) pour se rendre aux courses sera ajoutée au dessus en 1902 et détruite en octobre 1962 par l’entreprise Chomeil avant l’ouverture le 10 juin 1963 du Pont-Barrage actuel (reculé de 1,5 km) par le maire Pierre Coulon. Les travaux, confiés à l’entreprise de Travaux publics André Borie, avaient débuté en août 1961, sur les plans de l’architecte vichyssois Jean Marol.

Le nouveau Plan d’eau, également appelé « Lac d’Allier », offre une longueur de 2,7 km entre les deux ponts. La profondeur varie de 2 mètres (vers le pont de Bellerive)  à 4 mètres (vers le Pont-Barrage).

1869 Vichy compte 6.000 habitants (1.600 en 1851) et 23.000 curistes (6.800 en 1851).
1870 Napoléon III avait prévu de revenir à Vichy cet été 1870. Il en est empêché par la crise diplomatique avec la Prusse qui s’achèvera par la guerre et la capitulation de Sedan.

C’est Napoléon III

Poème composé par Alain Carteret

le 4 septembre 2004

– publié dans le bulletin n° 28 du CERB en janvier 2006

– publié en avril 2006 dans « Vichy Charme » (page 124) –

Hommage, sans prétention littéraire, au bienfaiteur de Vichy

Treize ans : j’étais jeune et bien naïf encore.

Je versifiais un peu, me prenant pour Victor.

J’ignorais alors que le poète roi,

Par dépit et sans répit,

Criait sa haine de Napoléon III,

Un Grand qu’il nommait « le petit ».

Pourtant, proche de la classe ouvrière,

L’Empereur a rendu le pays prospère.

Et, cinq étés durant, il accorda sa confiance

À une petite bourgade du cœur de la France,

Agrémentée de sources et aux charmes exquis.

Son nom est simple et clair : elle s’appelle Vichy.

Il offrit à la cité casino, parcs et chalets,

Routes, mairie, poste et gare… que de nouveautés !

Marques d’amour pour la ville et de grande bonté.

Certes, de frivolité on l’accusa longtemps ;

Eugénie fut séduite, mais elle pleura souvent.

Mondaines, courtisanes et Marguerite Bellanger

Ne surent résister à ses nombreux attraits.

Mais il avait le cœur bon et une certaine piété.

Il donna à Vichy une vaste église

À la gloire de Dieu et de Louis sanctifié.

La Reine des villes d’eaux, quoi qu’on en dise,

C’est Napoléon III qui l’a vraiment créée.

 

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